Est-il – encore – possible de lutter contre l’extrême droite?
Lundi 8 juin 2026

Mai 2026 : les premiers résultats électoraux locaux en Grande-Bretagne semblent donner gagnant le parti Reform UK, parti anti-immigration, au détriment du Labour (social-démocrate).
Juin 2027 fait déjà trembler nombre de Français prêts à quitter l’Hexagone.
Who’s next ?
Cette montée généralisée des positions anti-immigration et des discours portés par l’extrême droite inquiète encore et toujours. La Belgique n’échappe pas à cette tendance : les poussées électorales des partis nationalistes et identitaires y alimentent des tensions et des replis communautaires inquiétants.
Le rejet de l’étranger s’explique notamment par la peur de la différence, de l’inconnu, crainte exacerbée dans des contextes économiques fragiles : pour se rassurer, il est aisé de trouver des boucs-émissaires. L’étranger est la cible facile. On oublie vite que les pays occidentaux sont allés chercher cette main-d’œuvre étrangère lorsque l’économie en avait besoin, avant d’entasser bien souvent ces travailleurs dociles et bon marché et leurs familles dans ce qu’on doit bien appeler des « cages à lapin ».
Que faire aujourd’hui ?
Est-il utile de discuter avec ceux et celles qui ont choisi la voie de l’extrême droite ?
Oui, répond Salomé Saqué, dans son ouvrage « Résister ».
Mais d’après elle, il faut le faire avec méthode, dans le cadre d’un engagement collectif, actif et informé. Surtout rejeter l’indifférence et la banalisation. Toujours se révolter ! (Rappelons-nous le livre de Stéphane Hessel : « Indignez-vous ! »).
Prendre le temps d’écouter l’autre. Respecter sa parole. Le laisser terminer son argumentaire. Voire reformuler pour éviter les interprétations. Puis répondre avec des faits simples, concrets et vérifiés. Et si la première discussion ne semble rien donner, ne pas abandonner, ne pas baisser les bras. Remettre l’ouvrage sur le métier, encore et encore. Comprendre que c’est un travail sans fin. Et que chacun d’entre nous, à son niveau, a le pouvoir de changer les choses.
Utiliser les mêmes canaux que nos opposants, numériques et autres : nombre de jeunes Français s’apprêtent à donner leur première voix au Rassemblement National, convaincus par le réseau TikTok...
Soyons tous le petit colibri : chacun apportera ce qu’il peut, et peu importe si le lion affalé juste à côté de nous se moque, en se grattant les flancs au soleil… Car lutter contre l’extrémisme ne relève pas seulement des responsables politiques, c’est avant tout un engagement collectif, quotidien et citoyen.
Jacques Martel, directeur de la Ligue de l’Enseignement et de l’Éducation permanente



