En finir avec les jours noirs, de Effie Black

« Quel est votre premier souvenir ? Pas un flash, une image floue, un sentiment physique de déjà-vu ou une phrase coupée en son milieu. Non, quel est votre premier souvenir complet ? »
Jessica Miller, jeune chercheuse londonienne en psychobiologie, est spécialisée dans un domaine troublant : le suicide altruiste chez certaines espèces animales. Le rat-taupe, le bourdon, l’araignée money spider... tous sont capables de mettre fin à leurs jours pour protéger les leurs et garantir la transmission des gènes dans l’intention de pérenniser leur espèce. Loin d’être fortuit, le choix du sujet de cette étude reflète un élément d’histoire personnelle de la chercheuse : depuis son enfance, le suicide a constellé la vie de Jessica de jours noirs. En bonne rationaliste, ses travaux lui permettent d’élaborer une théorie inattendue mais rassurante à ses yeux : et si le suicide était un acte altruiste ? Quand le malheur frappe à nouveau dans sa vie, Jessica réalise alors que l’existence humaine ne se décrypte pas comme une expérience de laboratoire.
Pour son premier roman, Effie Black livre un récit de déconstruction et de reconstruction où sa plume trempée dans un humour britannique mordant, transforme un sujet potentiellement rebutant en une histoire profondément lumineuse. Si En finir avec les jours noirs jongle entre noirceur existentielle et quête de lumière, ce texte moderne au regard queer et féministe offre de vraies propositions de résilience. Reste une question en suspens… êtes-vous un grain de café, une carotte ou un œuf ?