Le monde est fatigué, de Joseph Incardona

Couverture du livre Le monde est fatigué de Incardona

« Le monde est fatigué, Êve, et tes paupières sont lourdes, elles n’en peuvent plus de voir et d’entendre. »

Êve, sirène professionnelle, parcourt le monde entre aquariums d’hôtels de luxe et piscines privées de milliardaires. Derrière les paillettes de sa queue en silicone et le spectacle grandiose qu’elle propose, se cachent une profonde tristesse et un corps brisé. Car Êve n’est pas une gentille sirène et son apparente superficialité dissimule une soif de vengeance viscérale. Laissée pour morte au bord d’une route, elle a perdu l’usage de ses jambes et l’enfant qu’elle portait sous les roues d’un chauffard. Désormais créature hybride, mi-femme mi-sirène faite de prothèses en titane, elle n’a qu’une seule idée en tête : retrouver le responsable de son accident. Son odyssée vengeresse révélera les abîmes d’un monde en perdition, saccagé par l’humanité.

Bien loin de l’univers de Disney et d’Andersen, Le monde est fatigué revisite de manière caustique le mythe de la sirène. Son héroïne ne s’échoue pas sur les plages par curiosité, elle plonge vers les abysses pour fuir le monde des Hommes.

Derrière cette fable aquatique moderne, Incardona livre une critique politique acerbe qui dénonce l’impunité des puissants, les ravages de la pollution marine et la dictature des apparences. Un monde fatigué qui maquille ses blessures au lieu de les soigner, préférant l’image à la substance. Un récit incisif qui confirme le talent d’Incardona pour mêler fiction noire et critique sociale acérée.

Couverture de la revue Eduquer 200

Avr 2026

éduquer

200

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